Le CDI n’est plus le (seul) graal !
- Hélène Raza

- il y a 12 minutes
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Le rapport au travail est en pleine mutation ; la semaine dernière, j’évoquais l’explication démographique et les révolutions qu’elle implique.
Au-delà de cet effet « mathématique », le rapport au travail est en pleine évolution : la tendance est à la carrière multi-employeurs, carrière dans laquelle plusieurs CDI se succéderont. Et cela change évidemment l’équilibre entre les deux parties au contrat de travail : aujourd’hui, la seule stabilité dans un emploi (et la sécurité financière associée) ne suffit plus.
La relation de travail devient plus exigeante, la fidélité à son employeur n’est plus automatique. L’équilibre entre les attentes bouleverse le traditionnel rapport de subordination.
La relation doit être évolutive et s’adapter notamment aux attentes clés telles que la flexibilité (télétravail, horaires aménagés), le bien-être (charge de travail raisonnable, prise en compte de la santé mentale) et le sens (démarche RSE en place, marque employeur cohérente).
Aussi, même si le CDI reste perçu comme un socle de sécurité qui est toujours recherché, il doit pouvoir évoluer en fonction des besoins, s’adapter aux contraintes notamment personnelles qui, elles, vont changer dans le temps.
A défaut, il sera rompu.
Aujourd’hui 36 % des CDI sont même rompus dès la première année et on observe une forte hausse de la rotation de la main d’œuvre avec davantage d’entrées et de sorties en CDI, sans que le nombre de CDI global n’évolue de manière significative. Cela implique une mobilité plus forte.
Les changements d’employeur à l’initiative du salarié pourront prendre la forme d’une démission ou d’une demande de rupture conventionnelle.
Même si les demandes de rupture conventionnelle risquent d’être moins acceptées dans la conjoncture actuelle (tension de recrutement et augmentation du taux de la contribution patronale à 40 % du montant de l’indemnité), la démission est de moins en moins crainte puisque ces mêmes tensions de recrutement records permettent à 80 % des démissionnaires en CDI de retrouver un emploi dans les 6 mois.
Le CDI n’est plus le (seul) graal et s’adapter à ce nouvel équilibre permet de construire une relation contractuelle durable, qui tient compte de la réalité des nouvelles attentes, sans les associer à des exigences irréalistes.
Et vous, comment intégrez-vous cette réalité dans vos relations contractuelles ?












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