Faut-il repenser le salariat ?

Aujourd’hui, le taux de chômage est aux alentours des 8% en France et pourtant plusieurs secteurs d’activités peinent à recruter, de sorte que l’on parle même de pénurie dans le bâtiment, l’hôtellerie restauration ou l’industrie. Mais outre ces secteurs identifiés, d’autres ont du mal à pourvoir leurs offres.



Ces indicateurs mettent en lumière la fragilité du système de l’emploi actuel.


Parmi les solutions avancées, est évidemment mentionnée la question de la rémunération.

Naturellement, cette question est centrale, notamment lorsqu’elle répond à une problématique de partage de la valeur. En effet, certains métiers souffrent d’un manque d’attractivité, accentué par la crise du Covid qui a amené beaucoup de travailleurs à repenser la place du travail et à rechercher plus de sens dans leur activité professionnelle.

La question de la rémunération devient stratégique surtout pour les contrats courts impliquant des conditions de travail pénibles : aucune relation au long terme ne permet de compenser les contraintes. Pour disposer d’une main d’œuvre prête à travailler dur sur des périodes limitées, la rémunération semble le seul levier.


Mais la question de la rémunération ne règlera pas tout : les conditions de travail et la formation sont aussi en question. Il est important de prendre en compte les conditions de travail et notamment la pénibilité qui peut accompagner les postes pas ou peu qualifiés (et qui ont pu apparaitre comme « essentiels » lors de la crise sanitaire). En effet, même sur des postes qui ne requièrent aucune formation initiale, se pose désormais la question du sens et du partage de la valeur surtout lorsque l’absence de qualification nécessaire se traduit par des conditions de travail physiquement difficiles.


Par ailleurs, certains métiers ne restent accessibles qu’après une période de formation. Dans ce cas, rien ne vaut la formation professionnelle qui peut permettre de former puis d’intégrer de nouveaux collaborateurs : des dispositifs existent, le plus connu étant la préparation opérationnelle à l’emploi, proposée par Pôle emploi. Ils sont cependant peu utilisés, faute d’information mais aussi de simplicité dans leur mise en œuvre. Les entreprises souhaitant les mettre en œuvre y renoncent même parfois devant les contraintes administratives qu’ils exigent.


Les leviers sont plutôt bien identifiés et sont parfois connus depuis longtemps. Et pourtant, la France (mais pas qu’elle) se trouve devant cet étrange paradoxe chômage/emplois disponibles. Il est peut être temps de s’interroger sur le modèle même du salariat…


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